Le 7 avril nous atterrissons à Lima.
Le taxi-driver de l'auberge de jeunesse est bien là au rendez-vous.


Une journée à se ballader sur le front de mer (ou d'océan plutôt) nous suffit pour choper un pti coup de soleil (variable suivant la blancheur naturelle de la personne concernée...).


Le quartier Miraflores où nous logeons est animé toute la soirée et agréable. Un bus nous suffit à rejoindre le centre historique de Lima.




















Les bus de Lima...

Chaque 'colectivos' (bus collectif) comprend un chauffeur et son collègue à la porte qui est chargé de récolter le maximum de personnes en un minimum de temps. La circulation se fait au klaxon et au centimètre, voire au millimètre parfois... Des vieilles enceintes toutes moches crachent de la salsa ou des vieux tubes de Dance des années 90 et le gars à la porte hurle pour essayer de faire monter les gens dans son minibus et pas celui du voisin (qui va pourtant au même endroit parfois). A coup de queues de poisson, de changements de voies brutaux et de coups de volant ils obtiennnent des passagers. Voilà le transport collectif à Lima... C'est pratique et rapide...

Enfin bon, rapide c'est pour ceux qui savent où ils vont.
Parfois la destination est vague... Comme pour aller aux ruines de Pachacamac... à suivre.



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Les ruines se trouvent à une trentaine de kilomètres au Sud de Lima.
Elles ont été datées entre 200-600 ap JC pour les plus anciennes à 1500 pour les plus récentes.

L'intérêt de cet article n'est pas uniquement dans l'aspect historique de cette excursion mais plutôt dans sa concrétisation...
Sur les conseils du guide du Routard et de la demoiselle de l'auberge de jeunesse, il faut prendre un bus où la direction "Pachacamac/Lurin" est écrite et préciser au chauffeur que l'on veut descendre à l'entrée du site.
Easy!
Nous voilà donc parti, on prend un bus pour rejoindre la grosse artère qui part vers le Sud.
Une fois sur cette route on attend un 'colectivos' avec la bonne direction. On en voit un avec écrit Pachacamac, bingo!

On monte dedans et lui dit qu'on veut aller aux ruines. Pas de problème, il nous dira quand descendre.
On commence donc à rouler sur une grosse route.... On roule, on roule...
Et puis le mini-bus prend une sortie...
la belle triple voie est maintenant une petite route départementale...
Tiens, on est au milieu des montagnes... Où sont les buildings?
le goudron s'émiette peu à peu pour de la terre...
les maisons sont maintenant toute faites de briques sans peinture...
on roule carrément sur une piste de terre... C'est surement par là...
on dirait que les montagnes caillouteuses sont des énormes tas de terres poussiéreuses...
les maisons en briques n'ont plus de briques mais de la toile... merde on est où là?...
on commence à monter une piste dans la montagne, le chauffeur attaque un camion au milieu des virages...
au milieu de nulle part, sur une piste en terre bordée par des pseudo-maisons délabrées, le mec nous dit qu'on doit descendre là et prendre un autre bus qui nous emmenera devant l'entrée...
Bon.
On a pas trop le choix... Un autochtone qui est descendu en même temps que nous nous conseille le bus qui vient. On a pas vraiment envie de rester au milieu de nulle part, ni de sortir notre appareil photo pour immortaliser l'endroit...

On monte dans ce (troisième) bus qui nous dit aussi qu'il va (bien entendu) aux ruines de Pachacamac. Cette fois c'est le bon alors.
On continue à rouler dans des bleds tout aussi délabrés et irrésistiblement accueillants...
Ca fait 10km qu'on a pas vu un panneau ni un morceau de bitume... pourvu que tout le Pérou ne soit pas comme ça...
Dans un petit bled, il faut descendre et c'est là... euh, vu l'aspect de l'endroit, on a du mal à le croire mais bon on descend quand même sur les conseils d'une gentille maman scout qui amène des enfants en camping...
On lui explique où on veut aller et elle veut attendre avec nous que le bon bus arrive... ouf, merci les scouts.

Voilà notre (quatrième) bus qui arrive et qui, comme les deux d'avant, va aux ruines...
Sur la route on comprend qu'en fait "Pachacamac" n'est pas seulement le nom du site mais aussi celui de la ville d'à côté... et aussi celui des 10km autour de la ville...
cette fois, au bout d'un quart d'heure, on attend la municipalité de Pachacamac et nous dit qu'on est pas loin mais qu'il faut descendre... Bon ben on descend alors...
Il y a même du goudron et un minuscule parc où on décide d'attaquer nos sandwichs jambon-gouda. Il est quand même midi et demi, soit deux heures depuis notre départ de Lima. (C'était pas à 30km normalement?!...)

Sur les conseils d'un gringo local qui bécotte sa gringa sur un banc du parc, on prend un (cinquième) bus qui doit passer devant le site...
 De toute façon, à ce stade là, on aurait cru un aveugle qui nous montrerait un bus de loin en disant "C'est bon c'est celui-là!"...
Miracle! ce bus est bien le bon et on se fait déposer devant l'entrée! Ouf!

Ca y est, on y est...
Après avoir vu notre premier bidon-ville, notre premier scout péruvien, on voit notre premier lama... instant de recueillement...
puis on voit notre premier temple inca : le temple de soleil de Pachacamac!!


Les noms évoquent l'univers de Tintin et le Temple du Soleil, qui monte à bord du Pachacamac pour rejoindre le Pérou et voler au secours du Pr Tournesol... On s'attend à un truc de fou... même à voir Rascar Capac!

En fait, tout ça pour arriver là, un terrain désertique avec quelques murs de pierre...
...le site vaut quand même le coup d'oeil.

Vu la galère pour parvenir jusque là, on lui trouve un certain charme.
Le retour nous redonne du baume au coeur sur notre sens de l'improvisation en situation critique (ou pseudo-critique) puisque seulement 2 bus nous ont suffit à nous ramener chez nous.

La différence entre les bidons villes et le centre est flagrante et choquante, la misère est omniprésente dès qu'on s'éloigne de la capitale.

Pour les photos du site, voir l'album photo.



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Nous voila depuis maintenant 3 semaines à Lima et nous apprenons à vivre comme de vrais péruviens.


Nous avons quitté notre joyeuse auberge dans laquelle nous logions depuis notre arrivée pour aller vivre chez un jeune couple de liméniens qui proposait des chambres. Nous voila donc dans un quartier résidentiel, bien moins animé et extravagant que Miraflores, mais idéal pour travailler (oui oui) et proche de tout. Nous pensons rester à Lima encore un mois pour notre projet donc nous aurons le temps de nous acclimater aux moeurs locales...
    



Nos journées s'organisent autour du projet pour le moment, entre les rencontres avec des producteurs, artisans, associations du commerce équitable et le dérushage des vidéos, rédactions des articles pour le blog (http://deseoetico.over-blog.com) et montage vidéo. Sinon, puisqu'on a aussi une vie en dehors du travail, on profite de notre cohabitation avec des péruviens pour en apprendre un peu sur leur culture et leur mode de vie.

Notre centre médical le plus proche...

Le liménien est un être étrange, habitant soit dans des batiments protégés par de hautes grilles surplombées parfois de fils barbelés électrifiés soit tout simplement dans des maisons sommaires où la peinture de la façade devient un signe extérieur de richesse.


La décoration intérieure des habitations est peu exubérente, exception faite des signes parfois fortement ostensibles chrétiens, surtout chez nous où il est de bon ton de garder l'emballage plastique autour des télécommandes, pour en préserver la longévité, et de ne pas brancher la prise électrique aux plaques à gaz pour limiter l'impact écologique de l'énergie consommée par l'allumeur... (Bon, on rigole, en vrai on les aime bien et ils ont aussi beaucoup d'autres qualités).
   
En cas de petit creux, le liménien a le choix entre déguster les plats locaux, ou céder à l'emprise de la restauration américaine aux vues des multiples Burger King, KFC, et Pizza Hut, pour ne citer qu'eux et sans comper les marques locales... Sinon, comme il habite dans la ville supposée être la capitale de la gastronomie  sud americaine, il peut tout à fait se délecter de plats aux noms étranges tels que le ceviche, spécialité de la côte à base de poissons crus marinés avec du citron et des oignons, ou la paparellena, sorte de hachis parmentier en forme de patate et frit. Il mange également des cochons d'Inde à l'occasion mais nous n'avons pas encore atteint ce niveau d'intégration et d'éloignement de Lima pour tester.

    Le liménien aime accompagner ses repas de boissons fluorescentes telles que l'Inca Kola, de couleur jaune au goût acidulé fort prononcé. Si le jaune ne vous plait pas, il est également possible d'en trouver des oranges, roses, rouges ou bleues. Il consomme également des boissons maltées, comme les bichons, appelées Cuzquena, Brahma ou Cristal.

Joueur, il aime également faire la fête au son de la cumbiaaaa en se délectant de Pisco Sour, le cocktail local. Le pisco est un peu THE alcool of Pérou, fait à partir de raisins verts, que nous avons pu expérimenter sur la terrasse au dessus du toit de notre auberge, avec modération bien sur.



Fort d'une histoire riche à rebondissements mélant conquêtes, fraternité et trahisons, le liménien a également la possibilité de se distraire dans les nombreux musées ou simplement en se baladant , à pied, en bus ou en coccinelles dans son territoire qu'est Lima. Nous avons donc flanné au grès des ruelles où les jeunes et les moins jeunes se bécottent sur les bancs publics, fréquenté les musées, et visité quelques unes des nombreuses églises du Centre et même le plus vieux cimetière d'Amérique latine (de nuit parce que ça fait plus peur)!





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Notre contact à Lima nous parle un jour de la possibilité de rencontrer une coopérative de café vers Cusco. Pourquoi pas, ca à l'air carrément intéressant.
Par contre, le rendez-vous est pour la semaine suivante... jusqu'ici rien d'anormal.
En réalité c'est pas vraiment à Cusco mais à Quillabamba, qui se situe à 6h de bus de Cusco...
Si on récapitule, on part pour Cusco qui est à 22h de bus de Lima et ensuite il y a encore 6h de bus pour Quillabamba... allez c'est parti!

Le samedi nous voilà donc prêt pour le bus de 14h45, arrivée prévu à 12h45 le dimanche à Cusco.
On roule toute l'après-midi, heureusement le bus est équipé de toilettes qui s'avèreront utile plus tard... On longe la mer sur notre droite et un désert de cailloux-sable grossier à notre gauche avec ponctuellement quelques petits villages apparemment bien pauvres.

Vers 20h on s'arrête à Ica pour manger. Nous revoilà sur la route, de nuit, à traverser la plaine quasi-déserte á partir de Nasca, carrefour entre la 'Panaméricaine' qui continue vers le Sud et la route qui vient de Cusco . La pleine lune nous permet d'apprécier un petit peu ce paysage déshumanisé. En rentrant dans l'intérieur des terres on quitte la côte pour la 'sierra' avec un relief marqué. Commencent donc les virages et les vallées, que le chauffeur prend avec une certaine assurance. La 'délicatesse' du chaufeur n'est pas du goût du niño installé avec sa maman non loin derrière nous. Vers minuit c'est le drame... le niño a pas pris le temps d'aller jusqu'au fond du bus et son repas du soir resurgit brusquement (et bruyamment aussi).
On commence un peu nous aussi à avoir mal au ventre et quand on demande le prochain arrêt pour se dégourdir les jambes et les poumons, la réponse est Abancay.
¿Abancay? ¿Cuanto tiempo se necesita? Comment?! on y arrive à 6h du mat'!! et ya pas d'arrêt avant... rhhaa la merde. Bon ben on a plus qu'à attendre.
A force de dormir par tranche de 10 min toutes les 27min on se rapproche d'Abancay. Rien que l'évocation de la ville fait frémir mes jambes. Nous voilà à Abancay... message de l'hôtesse : "seuls les passagers qui s'arrêtent peuvent descendre du bus, les passagers pour Cusco sont priés de rester à bord. Gracias" Ya des gens parfois qui cherchent un peu trop la merde...

On reprend la route pour Cusco, il fait jour, la route est escarpée mais les paysages sont magnifiques et les vallées verdoyantes en comparaison de la première partie du voyage. La route arrive sur Cusco par un col à 4000m en surplombant la ville. Le panorama est grandiose. (les photos arriveront la prochaine fois, j'ai oublié de prendre l'app photo cette fois-ci... sorry) Cusco est à 3400m d'altitude, là-bas un ami de Walter (personne chez qui nous logeons à Lima) nous accueille et nous oriente vers les minibus pour Quillabamba. On a deux heures de battement, il nous propose donc de nous faire visiter brièvement la ville. Par chance, il n'y a pas beaucoup de touristes et la ville nous apparaît très charmante et accueillante avec un centre historique magnifique avec la mondialement connue 'Plaza de Armas' et sa cathédrale impressionnante.



C'est pas le tout mais après la pierre inca à 12 angles et les multiples églises de Cusco il faut repartir pour Quillabamba. Le minibus 8 places (officiellement, parce qu'en fait on est plutôt 12 dedans) prend la route. Rebelote les virages et les vallées, les épingles et les cols. On passe un col à 4316m!! A partir de là, on est un peu obligé de redescendre... Et hop les virages en descente... Les 2 dernières heures de trajet se font sur une piste non goudronnée type piste de jungle. A chaque fois qu'on croise une voiture on serre les fesses, heureusement il n'y en a pas beaucoup. Il y a nettement plus de camions... dommage.

On retrouve une route 'goudronnée' en arrivant à Quillabamba. La ville de 40.000 habitants est posée au milieu de nulle part dans un environnement de fôrets et de montagnes, la seule route d'accès est celle qu'on a empruntée.
La ville est plutôt sympa, la vie à l'air de s'écouler paisiblement ici.
Le lendemain nous avons rendez-vous à la coopérative COCLA qui gère toute la production de café de la région autour de Quillabamba. Pour avoir des infos sur COCLA, il faut aller voir sur le site du projet où est détaillé toute la visite et les rencontres avec les acteurs de la coopérative. On nous emmene voir un producteur de café sur sa parcelle, expérience géniale. Ce vieux monsieur nous accueille et nous fait visiter son terrain, ses plantations de café mais aussi ses citronniers, orangers, bananiers, son élevage de porcs, de coqs, et de cochons d'inde (petit animal sans défense qui se mange dans ce pays, et oui, ca ressemble au lapin)

 




De retour à la coopérative, on a le droit à tout le détail de la production de café depuis le producteur jusqu'aux grains torrifiés. La visite de la coop nous prend 2 jours et ensuite nous avons planifié de nous rendre au Machu Picchu par le chemin des backpackers, autrement dit le chemin par lequel on te piquera le moins de sous possible.



Il faut savoir que le train depuis Ollaytambo, à une trentaine de km de Cusco, vers Aguas Calientes (alias Machu Picchu village) coûte entre 31 et 71 dollars! Rajoutons à ceci l'entrée sur le site à 41 dollars, et le bus pour monter au site à 14 dollars (l'aller-retour, c'est des gens sympa quand même...), on aura vite fait de choisir notre solution, certes plus longue et plus sportive mais au combien gratifiante et économique.

 


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