Les ruines se trouvent à une trentaine de kilomètres au Sud de Lima.
Elles ont été datées entre 200-600 ap JC pour les plus anciennes à 1500 pour les plus récentes.
L'intérêt de cet article n'est pas uniquement dans l'aspect historique de cette excursion mais plutôt dans sa concrétisation...
Sur les conseils du guide du Routard et de la demoiselle de l'auberge de jeunesse, il faut prendre un bus où la direction "Pachacamac/Lurin" est écrite et préciser au chauffeur que l'on veut
descendre à l'entrée du site.
Easy!
Nous voilà donc parti, on prend un bus pour rejoindre la grosse artère qui part vers le Sud.
Une fois sur cette route on attend un 'colectivos' avec la bonne direction. On en voit un avec écrit Pachacamac, bingo!
On monte dedans et lui dit qu'on veut aller aux ruines. Pas de problème, il nous dira quand descendre.
On commence donc à rouler sur une grosse route.... On roule, on roule...
Et puis le mini-bus prend une sortie...
la belle triple voie est maintenant une petite route départementale...
Tiens, on est au milieu des montagnes... Où sont les buildings?
le goudron s'émiette peu à peu pour de la terre...
les maisons sont maintenant toute faites de briques sans peinture...
on roule carrément sur une piste de terre... C'est surement par là...
on dirait que les montagnes caillouteuses sont des énormes tas de terres poussiéreuses...
les maisons en briques n'ont plus de briques mais de la toile... merde on est où là?...
on commence à monter une piste dans la montagne, le chauffeur attaque un camion au milieu des virages...
au milieu de nulle part, sur une piste en terre bordée par des pseudo-maisons délabrées, le mec nous dit qu'on doit descendre là et prendre un autre bus qui nous emmenera devant l'entrée...
Bon.
On a pas trop le choix... Un autochtone qui est descendu en même temps que nous nous conseille le bus qui vient. On a pas vraiment envie de rester au milieu de nulle part, ni de sortir notre
appareil photo pour immortaliser l'endroit...
On monte dans ce (troisième) bus qui nous dit aussi qu'il va (bien entendu) aux ruines de Pachacamac. Cette fois c'est le bon alors.
On continue à rouler dans des bleds tout aussi délabrés et irrésistiblement accueillants...
Ca fait 10km qu'on a pas vu un panneau ni un morceau de bitume... pourvu que tout le Pérou ne soit pas comme ça...
Dans un petit bled, il faut descendre et c'est là... euh, vu l'aspect de l'endroit, on a du mal à le croire mais bon on descend quand même sur les conseils d'une gentille maman scout qui amène des
enfants en camping...
On lui explique où on veut aller et elle veut attendre avec nous que le bon bus arrive... ouf, merci les scouts.
Voilà notre (quatrième) bus qui arrive et qui, comme les deux d'avant, va aux ruines...
Sur la route on comprend qu'en fait "Pachacamac" n'est pas seulement le nom du site mais aussi celui de la ville d'à côté... et aussi celui des 10km autour de la ville...
cette fois, au bout d'un quart d'heure, on attend la municipalité de Pachacamac et nous dit qu'on est pas loin mais qu'il faut descendre... Bon ben on descend alors...
Il y a même du goudron et un minuscule parc où on décide d'attaquer nos sandwichs jambon-gouda. Il est quand même midi et demi, soit deux heures depuis notre départ de Lima. (C'était pas à 30km
normalement?!...)
Sur les conseils d'un gringo local qui bécotte sa gringa sur un banc du parc, on prend un (cinquième) bus qui doit passer devant le site...
De toute façon, à ce stade là, on aurait cru un aveugle qui nous montrerait un bus de loin en disant "C'est bon c'est celui-là!"...
Miracle! ce bus est bien le bon et on se fait déposer devant l'entrée! Ouf!
Ca y est, on y est...

Après avoir vu notre premier
bidon-ville, notre premier scout péruvien, on voit notre premier lama... instant de recueillement...
puis on voit notre premier temple inca : le temple de soleil de Pachacamac!!
Les noms évoquent l'univers de Tintin et le Temple du Soleil, qui monte à bord du Pachacamac pour rejoindre le Pérou et voler au secours du Pr Tournesol... On s'attend à un truc de fou... même à
voir Rascar Capac!
En fait, tout ça pour arriver là, un terrain désertique avec quelques murs de pierre...

...le site vaut quand même le coup d'oeil.
Vu la galère pour parvenir jusque là, on lui trouve un certain charme.

Le retour nous
redonne du baume au coeur sur notre sens de l'improvisation en situation critique (ou pseudo-critique) puisque seulement 2 bus nous ont suffit à nous ramener chez nous.
La différence entre les bidons villes et le centre est flagrante et choquante, la misère est omniprésente dès qu'on s'éloigne de la capitale.
Pour les photos du site, voir l'album photo.